The fragrance of rice

Although there are many different fragrances throughout a continent, there are also similar odors that drift through areas with the same indescribable but immediately recognizable scent. In Asia, there is that fragrance that hits you within the first seconds of entering the region and I am sure evokes memories to all of you who have visited the continent. Containing an accord of flowers, spices and incense (with a tropical clammy bottom!), this Asian perfume is also undoubtedly composed of rice steam.

Rice is a ubiquitous ingredient in Asian culture, which is cooked in every house and on every street corner from morning until evening. From Japan to Indonesia, from India to Vietnam, that sweet scent, light and fluffy like a cloud, travels across the continent and across borders.

It must be said that in this part of the world, the whole life revolves around rice. At the heart of the monsoon Asia where almost all crops grow (about 92%), hundreds of millions of farmers cultivate this valuable cereal on no less than 500 million hectares of rice fields, while the harvest is then also almost entirely consumed throughout the whole continent. Rice incorporates so much of everyday life that every meal refers to this daily food. It is eaten as a main course and dessert, drunk in the form of beer, wine and alcohol, feeds animals with thatch which also serves as fertilizer and is the basis of many crafts.

Considered by many to be the heart and soul of Asia, rice is present in all religious rituals, traditions, social life and even language. In many official languages and local dialects, the word “eat” means “eat rice”, while in the eastern semantics, the words “rice” and “food” are the equivalent. For Hindus, when a woman enters the house of her husband for the first time, rice is poured on the threshold of her new home as a benevolent sign that would bring prosperity. In Japan, a rice ear (米 Ine) adorns the 5-yen coin symbolizing immortality, abundance and original purity.

Spiritually, among Buddhists and Hindus, rice is part of the offerings that are made to the gods. In Balinese custom, rice is affixed to the top of the head and forehead; it symbolizes the blessing of Sang Hyang Widhi, the supreme god of Balinese Hinduism. Husked rice is always present in Hindu ceremonies. The Akshat Poûdja ritual is for example a stage where we mix the rice with turmeric and perfume before offering to the gods. Java Sudanese (who are Muslim) accept rice as the personification of the rice goddess, Dewi Srî. In China, the dead do not leave for their last trip without a mouthful of rice in the mouth because the “qi” is described as steam rising from the rice cooking…

Although rice paddies recall a real olfactory landscape, rice actually emits no particular smell when raw. It is essentially during the cooking process that the rice fragrance takes its entire olfactory dimension. As it swells in boiling water, the rice steam emits a soft and light fragrance, powdery and downy in the image of its whiteness.

Used in perfumery, especially in recent years, the rice steam perfume includes more compositions. Its soft and powdery notes leaves the skin with a wispy, feathery wake. Associated for example with vanilla or tonka bean, the rice accord can take a richer dimension revealing warm notes almost grilled.

So, on your next trip to Asia, promise me to search with your nose for the rice steam smell, which is so representative of the continent!

The title of this article refers to the Chinese film Mi Xiang 米香 (The Fragrance of Rice) directed by Bai Haibin and Wang Hongfei.



Le parfum du riz

Bien qu’il existe de nombreux parfums au travers d’un continent, il y a aussi des odeurs similaires par delà les régions où flotte une même senteur indescriptible mais immédiatement identifiable. En Asie, il y a ce parfum qui vous frappe dès les premières secondes et qui j’en suis sûre évoque des souvenirs à chacun d’entre vous connaissant le continent. Contenant des accords de fleurs, d’épices et d’encens (sur fond de moiteur tropicale!), ce parfum d’Asie est sans aucun doute également composé de vapeur de riz.

Cet ingrédient si omniprésent dans la culture asiatique, que l’on cuisine dans toutes les maisons, à chaque coin de rue du matin jusqu’au soir. Du Japon à l’Indonésie, de l’Inde au Vietnam, ce doux parfum, léger et cotonneux comme un nuage, parcourt le continent et traverse les frontières.

Il faut dire que dans cette partie du monde, toute la vie tourne autour du riz. Au cœur de cette Asie des Moussons où pousse la quasi totalité des récoltes (environ 92%), des centaines de millions d’agriculteurs cultivent la précieuse céréale sur pas moins de 500 millions d’hectares de rizières et dont la récolte est presque entièrement consommée sur place. Le riz intègre tant la vie courante que chaque repas fait référence à cet aliment du quotidien. On le mange en plat principal et en dessert, on le boit sous forme de bière, de vin et d’alcool, on nourrit les animaux avec le chaume qui sert aussi d’engrais et est à la base de nombreuses créations artisanales.

Considéré comme l’âme du continent asiatique, le riz est présent dans tous les rituels religieux, les traditions, la vie sociale et le langage. Dans plusieurs langues officielles et dialectes locaux, le mot «manger» signifie «manger du riz», quand dans la sémantique orientale, les mots «riz» et «nourriture» sont équivalents. Pour les hindous, lorsqu’une femme pénètre pour la première fois dans la maison de son époux, du riz est versé au seuil de sa nouvelle demeure comme un signe bienveillant qui apporterait la prospérité. Au Japon, l’épi de riz (米 Ine) orne la pièce de 5 yens symbolisant l’immortalité, l’abondance et la pureté première.

Sur le plan spirituel, chez les bouddhistes comme les hindouistes, le riz fait partie des offrandes que l’on fait aux dieux. Apposé sur le sommet de la tête et le front des balinais, il symbolise la bénédiction de Sang Hyang Widhi, le dieu suprême de l’hindouisme balinais. Le riz décortiqué est aussi toujours présent dans les cérémonies hindoues. L’Akshat Poûdja est par exemple une étape rituelle où l’on mélange le riz avec du curcuma et du parfum avant d’en offrir aux divinités. Les soudanais de Java (qui sont musulmans) acceptent le riz comme la personnification de la déesse du riz, Srî Dewi. En Chine, les morts ne partent pas pour leur dernier voyage sans une bouchée de riz dans la bouche car le « qi » est décrit comme la vapeur s’élevant de la cuisson du riz…

Bien que les rizières évoquent un véritable paysage olfactif, le riz lui ne dégage aucune odeur particulière lorsqu’il est cru. C’est véritablement lors de sa cuisson que le parfum du riz prend alors toute sa dimension olfactive. A mesure qu’il gonfle dans l’eau bouillante, la vapeur de riz dégage un parfum doux et léger, poudré et cotonneux à l’image de sa blancheur immaculée.

Utilisé en parfumerie depuis quelques années, le parfum de vapeur de riz intègre de plus en plus de compositions. Sa note douce et poudrée laisse sur la peau un sillage vaporeux et duveteux. Associée par exemple à la vanille ou à la fève tonka, l’accord de riz peut prendre une dimension plus gourmande dévoilant des notes chaudes, parfois presque pyrazinées (grillées).

Alors durant votre prochain voyage en Asie, promettez-moi de tendre le nez pour attraper cette odeur de vapeur de riz si représentative du continent!

Le titre de cet article fait référence au film chinois Mi Xiang 米香 (Le Parfum du riz) réalisé par Bai Haibin et Wang Hongfei.

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