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At the heart of the rice fields

A few months ago, I was telling you about the fragrance of rice, this ubiquitous ingredient found in Asian cultures and traditions, but I was not talking about the rice fields themselves… No one can imagine the soft plains of Asia without viewing the unique sight of the green gradient of rice fields, a symbol of nature that is shaped by man and representative of the landscape of an entire continent.

The rice terraces in southern China; at the center of Bali; or in the northern Philippines, are impressive such examples. Some were created over 2000 years ago and thus reflect a landscape art that is part of the most beautiful cultural performances from farming peoples worldwide. The rice terraces also showcase brilliant inventions that man is capable of creating when it comes to meeting his basic needs.

Rice paddies release a special fragrance according to the specific periods of the cultivation. An earthy muddy smell, soaked with water, with a green note of wet leaf; almost crunchy, which turns, when the rice matures, into a warm cereal scent, close to the smell of straw.

During my various travels in Asia, I have always been fascinated by rice field landscapes. But it is probably in Indonesia, between Java and Bali, that I had the best opportunity to particularly enjoy them. In terraces or flooded, they offer a continuous spectacle of a game of mirrors and lights, whose colors keep changing as the day passes.

In the center of Bali, the Jalituwih rice terraces are so beautiful that they have recently been added to the Unesco World Heritage list. And it’s clear why; these rice fields are a true masterpiece. A work of art that reflect all the love and respect that the Balinese farmers have for their land.

In Java, the wide plains and paddies crisscross the landscape as a monochrome chessboard. Scattered with lean silhouettes in the fields, they look like constantly moving pieces that lead with a colorful grace to this enchanting backdrop. When traveling in West Java, I had the chance to integrate with a group of women working at the rice harvest.

Then accompanied by my friend Helene, we were engaged on small dirt paths that would lead us to them. Walking in balance on narrow dikes, firmly focused on not falling into the surrounding mud, we could, with each step, put faces to those that were from afar only small colored dots in the distant landscape.

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Women of many ages, elegant and charming despite their conditions, wearing simple but colorful clothes. Their heads protected under large knotting scarves or wearing the Islamic veil snugly under their straw hats, they are grouped on a small plot of land, truly at the heart of the rice fields. Seated on the floor, they find themselves gradually overwhelmed by the towering piles of rice bunches made by men.

Scattered around, men are busy harvesting and cutting rice, sickle in hand. Barefoot, pants rolled up under the knee and stained with mud, they perform an endless back-and-forth, with their shoulders loaded with golden tassels either scattered or linked.

The women then are in charge to beat the rice on the ground or on wooden planks to recover the precious grains. After being obtained, they are then collected in large trays and ‘winnowed’. Launched into the air, the wind gradually takes off the light shell. I don’t think I will ever tire of observing their agile and graceful movements that make the rice fly and swirl around.

The atmosphere is cheerful; smiles and laughs are easy. They complimented us on our skin color, so pale next to theirs, which had inevitably been burned by the sun. We were deeply affected by the request of a young pregnant woman who begged us to lay a hand on her belly so that her daughter could have clear skin like ours, a so-called criterion of beauty… And yet these women are so beautiful. Their hands constantly flitter, their smiles wide, as their mouths twist as they tell a thousand of stories.

After a few hours, while the sun was at its highest point, we joined this this joyful group on their way back, carrying heavy baskets on their heads (always balanced!) full of rice that they bring to the neighboring village.

That rice we will often encounter drying in the sun on mats on the floor. Laying in the middle of villages, in front of houses and along the roads, will be regularly raked and returned, continuing to dry for a few days under the hot sun.

As the light continues to gild this plain flooded of life, the beauty of this countryside painting, ordered in flat geometry, gradually succumbed to the sweltering humid heat. Farmers will resume their work to the mildest hours of the day.

Assailed by the various scents of mud, water, straw and smoke, submerged by smiles and those moments of complicity, I finally wonder what I might have missed if it wasn’t for this encounter; the joy of sharing the sincere and generous simplicity of the country life.



Au coeur des rizières

Il y a quelques mois, je vous racontais le parfum du riz, cet ingrédient omniprésent dans les cultures et les traditions asiatiques, mais c’était sans vous parler des rizières… Nul ne peut imaginer les douces plaines de l’Asie sans visionner à perte de vue le dégradé vert des rizières, une nature façonnée par l’homme et représentative des paysages de tout un continent.

Les terrasses de riz au sud de la Chine, au centre de Bali ou encore au nord des Philippines sont des exemples impressionnants. Certaines ont été créées il y a plus de 2000 ans et témoignent ainsi d’un art paysager qui fait partie des plus belles performances culturelles des peuples paysans du monde entier. Les rizières en terrasse montrent aussi de quelles inventions géniales l’homme est capable lorsqu’il s’agit de subvenir à ses besoins fondamentaux.

Les rizières libèrent un parfum tout particulier selon les périodes de culture. Une odeur de terre boueuse, imbibée d’eau, s’associant à une note verte de feuille humide presque croquante qui, se transforme à maturation du riz en une senteur chaude de céréale, proche de l’odeur de paille.

Lors de mes différents voyages en Asie, j’ai toujours été fascinée par les paysages de rizières. Mais c’est probablement en Indonésie, entre Java et Bali, que j’ai eu la possibilité de particulièrement les apprécier. En terrasses ou inondées, elles proposent un spectacle continu de jeux de miroirs et de lumières dont les couleurs ne cessent de changer à mesure que le jour passe.

Au centre de Bali, les rizières en terrasse de Jalituwih, sont si belles qu’elles ont récemment été ajoutées au patrimoine mondial de l’Unesco. Et pour cause, ces rizières sont un véritable chef d’œuvre. Une œuvre d’art qui témoigne de tout l’amour et du respect que les cultivateurs balinais portent à leurs terres.

A Java, les larges plaines et les rizières quadrillent le paysage tel un échiquier monochrome. Parsemées de maigres silhouettes éparpillées dans les champs, elles sont des pions en mouvement perpétuel qui animent d’une grâce souple et colorée cette toile de fond enchanteresse. En voyage à Java Ouest, j’ai eu la chance de m’introduire dans un groupe de femmes travaillant à la récolte du riz.

Accompagnée alors de mon amie Hélène, nous nous étions engagées sur les petits chemins de terre qui nous mèneraient jusqu’à elles. A marcher en équilibre sur les étroites digues, fermement concentrées pour ne pas tomber dans la boue environnante, nous pouvions à mesure de nos pas, mettre des visages sur celles qui n’étaient de loin, que de petits points de couleurs parmi le paysage.

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Des femmes de tout âge, élégantes et coquettes malgré leurs conditions, qui portent des habits simples mais haut en couleurs. La tête protégée sous de larges foulards noués ou arborant le voile islamique bien ajusté sous leurs chapeaux de paille elles sont regroupées sur une petite parcelle de terre, véritablement en plein cœur des rizières. Assises à même le sol, elles se retrouvent peu à peu submergées par les imposantes piles de bouquets de riz apportés par les hommes.

Dispersés aux alentours, les hommes justement s’activent à la récolte et à la coupe du riz, faucille à la main. Les pieds nus, le pantalon retroussé sous le genou et tâché de boue, ils effectuent un interminable va-et-vient, les épaules chargées des panicules dorées éparses ou liées.

Les femmes se chargent ensuite de battre le riz sur le sol ou sur des planches en bois pour récupérer les précieux grains. Ainsi obtenus, ils sont ensuite récoltés dans de larges plateaux et ‘vannés’. Ainsi lancés en l’air, le vent emporte peu à peu la glume légère. Je crois que je ne me lasserai jamais d’observer leurs mouvements agiles faisant sauter et tournoyer le riz.

L’ambiance est joyeuse, les sourires et les rires faciles. Elles nous complimentent sur notre couleur de peau, si pâle à côté des leurs brûlées par le soleil. Nous fûmes touchées par la demande d’une jeune femme alors enceinte qui nous supplia de poser la main sur son ventre afin que sa petite fille puisse avoir la peau claire comme la nôtre, un soit disant critère de beauté… Et pourtant qu’elles sont belles ces femmes. Leurs mains ne cessent de voleter, leur sourire de hoqueter, leur bouche de se tordre à force de se raconter mille et une histoires.

Après quelques heures, alors que le soleil est au plus haut, nous quitterons ce joyeux groupe dont le travail se termine, nous prendrons avec elles le chemin du retour (toujours en équilibre!), transportant sur leurs têtes de lourds paniers de riz qu’elles amènent au village voisin.

Nous le retrouverons d’ailleurs ce riz, séchant au soleil sur des nattes à même le sol. Deposé au milieu des villages, devant les maisons et le long des routes, il sera régulièrement ratissé et retourné, continuant de sécher quelques jours durant sous un soleil brûlant.

Alors que la lumière ne cesse de dorer cette plaine inondée de vie, la beauté de ce tableau champêtre, ordonné en plate géométrie, succombe peu à peu sous l’étouffante chaleur humide. Les paysans reprendront leur travail aux plus douces heures de la journée.

Envahie par les diverses effluves de boue, d’eau, de paille et de fumée, submergée des sourires et de ces moments de complicité, je me demande finalement ce qui peut manquer au bonheur de partager la simplicité sincère et généreuse de cette vie paysanne.

3 thoughts on “At the heart of the rice fields

  1. Curieuse Voyageuse says:

    Superbe voyage au milieu des rizières. En cette froide matinée d’hiver parisien, j’aimerai bien être en équilibre avec toi dans ces champs…
    Je ne savais pas que des rizières en terrasse étaient rentrées au Patrimoine Mondial de l’Unesco. C’est bien, car dans des régions du Sud de la Chine (Yuanyang) ces terrasses ne sont plus entretenues car les jeunes préfèrent les villes (et on peut les comprendre vu le travail de forçat que cela représente) et mon guide d’alors m’expliquer que dans 20 ans elles auront disparu (tu peux voir ici http://www.curieusevoyageuse.com/yunnan-decouverte-de-yuanyang/ si le sujet t’intéresse).

    • Christa says:

      Merci beaucoup. Il est parfois difficile de traiter des odeurs avec pour seuls outils des mots et des images… alors savoir que les parfums se font sentir malgré tout me rend vraiment heureuse!

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