Your scented travel memories: Formentera

“Stephen takes pause to answer when I ask him what he loves about Formentera. He has discovered the paradise that we all hope to stumble upon and find relaxed resolve to be intent on never leaving. This I admire deeply. He says I need more time to understand. We met only yesterday and this will be the one meal we share away from his sailboat, his home. When we caught wind between Ibiza and Formentera that afternoon, the inky blue of the Mediterranean mesmerized me, it is the bluest blue that I have ever seen. This glaze of galaxy hue, constantly forming and reforming in the pixels of my memory, can never be recreated, even in my imagination.

No, I will say, I think I understand. Well, I defer; I’ve only begun. This island is mystical and there is something going on here, deep in the earth. I know, because it even smells different. The moment I arrived in La Savina, I was welcomed by the scent of clean laundry, though I saw no cloths lines, no one mopping up the drips. Stephen is listening intently and by his eyes, I know that he knows; this isn’t the reflection of a detached day-tripper.

La Savina is the small town that you will probably enter Formentera through. You will pass by and probably veer left towards Platja de Illetes and you should, the water is parrotfish blue, warm and the sun will nourish you from pale to golden. But, I follow this trace of fresh linens, in land. Valeria calls me crazy for taking a bicycle, and it’s hot, she warns in her Lombardy accent, which has been eased by the years she has spent here. Si, davvero, I smile and leave by bike anyway.

I travel through the back roads and it instantly becomes clear the Ancient Greeks were precise in naming these sister islands, Pitiusic, or pine covered. It reminds me of a junction, if there was one, between the Mojave and the southern Cyclades islands, where I ventured over a decade ago. The land is atmospheric with earthy evocations, as the palms and pines draw up the scents that the radiant heat has tempted out of their fronds and needles. I down slope South and the subtle sea aroma returns, salty and celebratory, the winds drawing air out of full sails, the opening note over bougainvillea and hibiscus. Their blushing pinks and reds brighten every patch of thick agave and palmetto brush. The briefest breeze I can offer on my descent awakens the plants from their sleepy afternoon haze. I loop around to touch and smell them, a forlorn sensuist, always. I move to the East, a sprawl from Sant Francesc Xavier and the Mediterranean pines grow thicker, their sap, heady and resinous. The perfume of almond trees lays dormant during this European heat wave, but their branches curl into the space of clear sky around them, only reminders of their sweetened wood. It is not one of these plants or flowers, but the incensed blend with the xeric air and inky blue, an enduring presence since the days of Carthaginians and modern Catalans. I’d been lured by linen but found intoxication in the dry nature of this place.

I cycle back to an edge of the island, I need to clear my senses because too much of a smell dulls the nose. By now, the water color has been softened by sun and the inlet is full of anchored boats. Valeria was right of course; I’m tired from pedaling through the heat. A wade in the water is a welcome cure, so shallow that I can nearly walk to the boats and it still won’t wet past my thighs. I wonder what it is like to be peering in land from a boat deck, surrounded by the rush of sea. Little do I know, tomorrow night, under stars, I will see this same cove, from one of these decks and the next night, I will sit with Stephen and talk about how Savina smells just like clean laundry.”

Anush (Armenian-American, between Brooklyn & Barcelona)
@foreyeslikeoceans

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Vos souvenirs de voyage parfumés: Formentera

“Stephen prend quelques instants pour répondre quand je lui demande ce qu’il aime à Formentera. Il a découvert le paradis que nous espérons tous dénicher un jour, et il a bien l’intention de ne plus jamais le quitter. Je le conçois amplement. Il me dit néanmoins que j’ai besoin de plus de temps pour comprendre. Après tout nous nous sommes rencontrés qu’hier, et il s’agit du premier repas que nous partageons loin de son voilier, où il a élu domicile. Cet après-midi, lorsque nous étions en pleine mer entre Ibiza et Formentera, le bleu encre de la Méditerranée m’a littéralement hypnotisé; c’est le bleu le plus bleu qu’il m’est jamais été donné de voir. Le vernis d’une galaxie teintée, qui ne cesse de se former et de se déformer dans les pixels de ma mémoire, sans jamais pouvoir être recréé, même dans mon imagination.

Effectivement, dis-je l’air défiant, mais je crois comprendre même si je viens seulement d’arriver. Cette île est mystique et il y a quelque chose qui se passe ici, profondément dans sa terre. Je le sais, car même l’odeur est différente. Dès que je suis arrivée à La Savina, j’ai été accueillie par l’odeur du linge propre, alors que je n’ai pas vu un seul fil de vêtements étendus. Stephen m’écoute attentivement et à ses yeux, je vois qu’il sait; ils n’ont pas le reflet d’un excursionniste rêveur.

La Savina est la petite ville par laquelle vous passerez probablement pour atteindre Formentera. Vous la traverserez et tournerez sans doute à gauche en direction de Platja de Illetes, où l’eau d’un bleu perroquet est chaude et le soleil vous colorera la peau du pâle au doré. Mais, je suis toujours la trace de ce parfum de draps propres, qui m’emmène jusque dans les terres. Valeria me pense folle de prendre mon vélo, sous cette chaleur; elle me met en garde dans son accent lombarde, quelque peu estompé par les années qu’elle a passé ici. Si, davvero! Je souris et enjambe mon vélo malgré tout.

Je m’enfonce sur les routes de l’arrière-pays et je réalise soudain à quel point les Grecs de l’Antiquité étaient précis en nommant ces îles sœurs, Pitiusic, ou couvertes de pins. Cela me rappelle une jonction, s’il en est, entre le désert de Mojave et les îles du sud des Cyclades, où je me suis aventurée il y a maintenant plus d’une décennie. Le terrain est atmosphérique et dégage des effluves terreux, comme si les palmiers et les pins exultaient par cette chaleur étouffante, tout le parfum de leurs feuilles et de leurs aiguilles. Je descends la pente qui m’emmène vers le sud et retrouve l’odeur de la mer, salée et joyeuse, que le vent fait virevolter jusqu’aux coeurs des bougainvilliers et des hibiscus. Leurs couleurs roses et rouges chatoyantes égayent les buissons d’agave et de palmiers nains. La brève brise que m’offre ma descente éveille les plantes somnolentes de leur après-midi brumeuse. Je leur tourne autour pour les toucher et mieux les sentir, en sensualiste désespérée que je suis. Je me dirige alors à l’Est, dans la banlieue de Sant Francesc Xavier et les pins méditerranéens se veulent ici encore plus épais. Je surprends l’odeur de la sève, capiteuse et résineuse, tandis que le parfum des amandiers est au repos pendant cette vague de chaleur européenne. Leurs branches gondolent dans un ciel clair, seule évocation de leur bois sucré. Initialement attirée par l’odeur du  linge, je me retrouve littéralement intoxiquée par les parfums de nature sèche qu’offrent ce lieu.

Je fais alors demi-tour et pédale jusqu’à la côte la plus proche, j’ai besoin de retrouver mes sens, de purifier mon nez. A présent, la couleur de l’eau a été adoucie par le soleil et la crique est emplie de bateaux ancrés. Valeria avait raison bien sûr, je suis épuisée de pédaler par une telle chaleur. Une baignade semble le remède idéal, dans cette eau si peu profonde où je peux pratiquement atteindre les bateaux sans me mouiller la taille. Je me demande alors à quoi cela ressemble de discerner la terre depuis le pont d’un bateau, entouré par les seules vagues de la mer. D’après ce que je sais, demain soir, sous les étoiles, je verrai cette même anse, depuis l’un de ces ponts et la nuit suivante, je m’assiérai avec Stephen et nous parlerons de Savina et de son parfum de linge propre.”

Anush (Arménienne-Américaine, entre Brooklyn & Barcelone)
@foreyeslikeoceans

Si vous aussi souhaitez partager vos plus beaux souvenirs de voyage parfumés, envoyez votre récit à blog@scentcorner.com sans oublier de mentionner votre nom, ville et votre nationalité. N’hésitez pas à inclure quelques unes de vos photos en guise d’illustration (Résolution minimum 120pixels/cm).

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