Hanami

It is midnight on a Friday in Tokyo. I am in the subway that connects Haneda airport to my hotel in Aoyama. Immediately strong smell of sake reaches my nose. I have just arrived in Japan and I am submerged in feelings of both impatience and excitement. For years, I had dreamed of visiting the land of the rising sun and it took months to prepare for my journey.

Like many others before me, I have come to Japan during the month of April to experience the renowned cherry blossoms. Following months of bare branches and fallen leaves, Hanami, as it is known, is a hugely popular time of year in which it is tradition to observe and pay tribute to the natural and ephemeral beauty of flowers.

Cherry blossom trees, also known as sakura, flower for what seems like an instant, before passing just as fast. Unfortunately ephemeral, the sakura erupts in full bloom, then patters offstage like a twirling ballerina. What is more frustrating is that the season for Hanami is just as fleeting, not unlike the blossom itself. Flowering has never been this early in the year, yet I feel particularly lucky to be in Tokyo at the heart of flowering season.

The air is fresh and light this morning. Everything is blooming around the Shinjuku Gyoen; spring is well and truly here! Considered one of the most important places in the capital to watch the cherry blossoms, crowds have already gathered outside the gates. As I arrive, I think I can see far off in the distance the reason for my trip. As I advance with the crowd through a maze of small paths, as though we’re in a ski race, I spot disorientated tourists amidst the flock of experienced locals who determinedly hurry with baskets and folded blankets on their arms. Once facing the central path I stop; I cannot move forward anymore, I am stunned by the scenery which unfolds in front of my eyes; numerous cherry blossom trees are aligned face-to-face and dotted amongst them are masses of flowers… My eyes are dazzled by the enveloping serene pink and radiant white. I cannot see the crowd anymore nor hear their voices, laughter or song. With an unwavering smile, I am fully immersed in this beauty. So is this Hanami?

Hanami

As much as I had anticipated myself being slapped in the face with an infinite floral scent, I am forced to admit that for the moment, I can’t smell anything! Is the scent of cherry blossom as fleeting as its flower? I approach the majestic-looking trees and sneak under one of them to grasp a flowering branch and enjoy its fragrance. One of the most beautiful aspects of sakura is their tendency to grow en masse. No blossom is found individually. Instead, buds flower on top of one another, forming a gentle tangle of petals.

I finally grasp a floral scent, soft, subtle, tender and intrinsically volatile and then it quickly vanishes. I try to smell again and it is clear that the cherry blossom enjoys teasing those that seek out its scent. It needs to be approached to be discovered, and you need to have the patience to let it completely unfurl to appreciate it and let it escape again. I become hooked and begin smelling all the flowers; one after another in alternating locations, varieties and colors to perceive other nuances. Some are delicately powdery or green while others fruitier in fragrance. I know the majority of trees do not produce any fruit, but I do wonder if my imagination is playing tricks on me.

The trees are of a density and variety that I hardly imagined. I take the time to sit and observe the landscape around me. I am stunned by so much beauty and suddenly realize the importance of this moment – in a few days all this will be gone, the flowers will have fallen, the petals drifted lazily into the breeze and the trees, stripped of their flowers, will give way to large foliage. We will have to wait until next year to relive this moment once again.

The cherry blossom season is fast and fleeting. I understand the deeper meaning of Hanami; the knowledge that nothing lasts forever. Hanami calls us to sit below the cherry blossoms as the tree sheds its blooms. It tells us not to lament the passing of the time, but to rejoice in its final hours. I feel particularly fortunate to be able to take some of that ephemeral scent home with me.

Article exclusively written for ODOU magazine and published in September 2015 part of Issue 4.



HANAMI

Nous sommes un vendredi et il est minuit à Tokyo. Je suis dans le métro qui relie l’aéroport d’Haneda à mon hôtel d’Aoyama et une forte odeur de saké me saute au nez. Je viens d’arriver au Japon et je suis submergée par un sentiment d’impatience et d’excitation. Ce premier voyage au pays du soleil levant j’en rêvais depuis des années et je l’ai préparé des mois durant…

Comme beaucoup d’autres, je suis venue au Japon un mois d’avril pour expérimenter la célèbre floraison des cerisiers. Après des mois de feuilles tombées et de branches dénudées, Hanami, comme on l’appelle ici, est une période de l’année prisée dont il est de tradition d’observer et de rendre hommage à la beauté naturelle et éphémère des fleurs.

Les fleurs de cerisier, également connues sous le nom de Sakura, éclosent durant ce qui semble être un instant avant de disparaître tout aussitôt. Injustement éphémère, chaque fleur s’épanouie de tous ses pétales avant de s’éclipser en coulisses comme la pirouette d’une ballerine. Et malheureusement, la saison d’Hanami est aussi fugace que les fleurs qui la rendent célèbre. Leur apparition cette année n’a jamais été aussi en avance, et pourtant faut-il croire que je suis particulièrement chanceuse car nous sommes en plein cœur de la floraison à Tokyo.

L’air est frais et léger ce matin. La nature environnante du parc Ueno est en pleine floraison, le printemps est bel et bien là ! Considéré comme l’un des plus importants point de rendez-vous de la capitale pour observer les cerisiers en fleurs, la foule se presse devant les grilles. Une fois le portique passé, il me semble apercevoir au loin l’objet de toutes les convoitises, ou peut-être les imagine-je seulement ? A mesure que l’on s’avance sur un dédale de petits chemins en slalome, j’observe les quelques touristes désorientés au milieu des japonais qui se pressent à toute allure avec paniers et couvertures pliées sur les bras… Puis nous voici face à l’allée centrale et je suis arrêtée nette ; je ne peux plus avancer, je suis abasourdie par le paysage qui se déploie sous mes yeux; des dizaines de cerisiers alignés face à face et à perte de vue, et en leur cœur des milliers de fleurs… Mes yeux sont littéralement éblouis par tout ce rose, par tout ce blanc. Je ne vois plus la foule, je n’entends plus les voix, les rires et les chants. Mes joues sont désormais rehaussées par un sourire figé, je m’imprègne simplement de cette vision insoupçonnée. C’est donc ça Hanami ?

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Mon nez lui aussi est en éveil, mais voilà autant je m’imaginais être giflée par un parfum floral infini, je suis forcée d’admettre que pour le moment je ne sens rien! Le parfum de la fleur de cerisier se veut-il aussi éphémère que sa fleur ? Alors je m’approche, je me faufile sous la cime de l’un de ces arbres majestueux et je saisis une branche fleurie pour en saisir le parfum. L’un des charmants aspects des fleurs de sakura est leur tendance à croître en masse. Aucune fleur n’est isolée, au contraire, les bourgeons s’amoncèlent les uns près des autres, formant des bouquets aux pétales doux et vaporeux.

Je perçois alors une odeur florale, douce, subtile, tendre et infiniment volatile car voilà qu’elle s’est déjà envolée… Je retente l’expérience mais le parfum de la fleur de cerisier sait se faire désirer… Il faut s’en approcher pour le découvrir, avoir la patience de le laisser se dévoiler pour mieux l’apprécier et finalement le laisser à nouveau s’échapper… Je me prends alors au jeu de sentir les fleurs les unes après les autres en alternant les lieux, les variétés, les couleurs afin d’identifier différentes nuances. Certaines sont délicatement poudrées ou vertes tandis que d’autres plus fruitées, m’évoque contre tout attente l’odeur de cerise. Alors que la majorité des arbres ne donnent pas de fruits, mon imagination me jouerait-elle des tours ?

Les arbres sont d’une densité et d’une variété que je n’avais guère imaginé. Je prends alors le temps de m’asseoir pour observer le paysage qui m’entoure. Je suis abasourdie par tant de beauté et je réalise soudain l’importance de ce moment. D’ici quelques jours tout cela aura disparu, les fleurs seront tombées, les pétales envolés et les arbres, de nouveau dénudés, laisseront place à de larges feuillages. Il faudra alors attendre l’année prochaine pour revivre ce moment.

La saison des cerisiers est pour le moins fugace, et je comprends finalement le sens profond d’Hanami, la démonstration que rien ne dure éternellement. Hanami nous appelle à s’asseoir sous les cerisiers tandis que l’arbre perd peu à peu ses fleurs. Il nous dit de ne pas regretter le temps qui passe, mais au contraire de se réjouir dans ses dernières heures. Alors soudain je me sens particulièrement chanceuse d’emporter avec moi un peu de ce parfum éphémère.

Texte écrit exclusivement pour le magazine ODOU Issue 4 et publié en anglais en Septembre 2015.

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