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Lavender in Provence

“Lavender is the soul of the Haute-Provence. Upon approaching from Drôme, Dauphiné or Var, this land offers deserted landscapes, blanketed with purple and perfumes. In the solitude of the Lure Mountain, wild lavender stretches as far as the eye can see.

At harvest time, evenings are filled with scent… The colours of the sunset are the cut flowers strewn over the fields. The rudimentary stills installed near the tanks blow red flames into the night. Their toffee scented smoke is taken by the wind to enchant the sleep of those in the desert.

When you have lived those days and nights, you are forever linked to the spirit of this perfume. All you need is a lavender bouquet to let you speak – and in a language of a strange density – about these essential freedoms that are the charm of these highlands. Were you then in distant America, China or Baluchistan, lost in austere books or shipwrecked in personal, social or cosmic dramas, it represents freedom, freshness and calm, alongside the grandeur of the Haute-Provence that greets you, pulling you towards it and making you feel alive.

For those who come from this region – or who live there, not as a tourist but as a local, its meaning affects both the mind and heart – as the greatest possible resource. That such a force may be evident in a perfume may seem exaggerated to those who have never had to comfort their soul by touching the soul of a nation.”

Jean Giono (Provence, 1995)



LAVANDE EN PROVENCE

“La lavande est l’âme de la Haute-Provence. Qu’on l’aborde par la Drôme, par le Dauphiné ou par le Var, cette terre offre ses étendues désertes, couvertes de violet et de parfums. Dans les solitudes de la montagne de Lure, la lavande sauvage s’étale à perte de vue…

À l’époque de la récolte, les soirs s’embaument… Les couleurs du couchant sont des litières de fleurs coupées. Les alambics rudimentaires installés près des citernes soufflent des flammes rouges dans la nuit. Leurs fumées à odeur de caramel teintée par le vent vont enchanter le sommeil des solitaires dans le désert.

Quand on a vécu ces nuits et ces jours, on est enchaîné à l’esprit de ce parfum. Il suffit ensuite d’un bouquet de lavande pour qu’il vous soit parlé – et en langage d’une étrange densité – de ces libertés essentielles qui sont le charme de ces hautes terres. Fussiez-vous alors dans de lointaines Amériques, en Chine ou au Béloutchistan, perdus dans des livres austères ou naufragés dans des drames personnels, sociaux ou cosmiques, c’est la liberté, c’est la fraîcheur, le calme et la grandeur de la Haute-Provence qui vous visitent, vous tirent brutalement vers elles et vous animent.

Pour qui est de ce pays – ou qui l’habite, non comme un touriste mais comme un homme, c’est-à-dire en y faisant particulièrement son esprit et son cœur -, c’est la plus grande ressource possible. Que tant de force soit dans un parfum ne peut paraître exagéré qu’à ceux qui n’ont jamais eu à se réconforter l’âme en touchant l’âme d’une patrie.”

Jean Giono (Provence, 1995)

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